Testez le transport solidaire !

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Comment se déplacer au quotidien quand on n’a pas de voiture et sans accès aux transports en commun ? Le transport solidaire est une solution !
Dans les grandes agglomérations, il est souvent facile de se déplacer : marche, vélo, transports en commun… Les commerces et services y sont proches des lieux de résidence, et les modes de transports sont à la fois nombreux, efficaces et économiques. Mais à la campagne ou en zone montagneuse, c’est une autre histoire : les distances sont longues, le relief parfois important, et le moindre trajet requiert une voiture. Comment faire lorsque l’on ne peut acheter une voiture, ou que l’on a plus la capacité de conduire, et qu’il faut se déplacer malgré tout, pour un rendez-vous médical, pour faire ses courses ou pour rendre visite à un proche ? En marge des solutions de transport public et privé existante, il faut aussi rappeler l’existence et l’importance du transport solidaire !

Transport solidaire : un conducteur permet à une dame sans voiture de se déplacer

Il existe évidemment d’autres solutions, plus ou moins pratiques et coûteuses : se faire prêter une voiture par un voisin ou un proche, louer une voiture à un particulier ou en agence (à condition d’en avoir une à proximité), prendre un taxi… Mais le transport solidaire répond à un besoin qui n’est pas réalisable par ces alternatives. Il met à profit les véhicules existants et compte sur la bonne volonté et l’esprit de solidarité des personnes qui vivent près de celles qui ont besoin de se déplacer. Et si ce mode de déplacement permet de réduire l’isolement et d’assurer la mobilité de toutes et tous, il contribue aussi à préserver et à enrichir le lien social, en particulier en zone rurale.

Le transport solidaire, une idée qui a fait son chemin…

Le transport solidaire a commencé à se développer dans les années 1990 et aujourd’hui, plusieurs dizaines de structures proposent de tels services. Même s’il manque encore une entité pour fédérer tout ce beau monde, et porter d’une même voix les revendications liées à ce mode de transport indispensable à beaucoup. Il existe toutefois l’Union départementale d’accompagnement à la mobilité solidaire (UDAMS 44) créée en 2017 et présidée par André Gillet, un pionnier du domaine. Cette union regroupe aujourd’hui une vingtaine d’associations et plus d’un millier de chauffeurs.

Certaines associations spécialisées dans l’aide sociale ou les zones rurales proposent également des services de transport solidaire, comme Familles Rurales, ou encore la Croix Rouge, qui présente son dispositif de transport social dans cette vidéo :

Mais attention, le transport solidaire n’est pas une version sociale du taxi. Les conducteurs sont bénévoles, et la somme versée par les passagers est symbolique ; elle ne sert qu’à payer une partie des frais d’utilisation du véhicule. Le plus souvent, il faut compter 20 à 30 centimes d’euro par kilomètre parcouru.

Les premières assises du transport solidaire !

Pour sensibiliser sur le sujet et réunir les principaux acteurs du secteur, ainsi que les élus, bénévoles et experts en mobilités, Ecov a par ailleurs organisé début 2020, à Nantes, les Premières Assises du Transport Solidaire. En voici un rapide compte-rendu en vidéo :

Vous pouvez également consulter un bilan de ces premières Assises du transport solidaire en cliquant ici.

Transport solidaire : quel cadre réglementaire ?

S’il rassemble de plus en plus d’associations et de bonnes volontés du côté des bénévoles, le transport solidaire souffre aussi d’un cadre réglementaire restrictif. Il semble évident qu’il faut encadrer la pratique pour éviter les dérives, et les détournements d’un principe de base louable, mais depuis le 20 août 2019 un décret fixe les règles suivantes pour le transport solidaire :

  • Le service n’est est ouvert à tous que dans les unités urbaines de moins de 12 000 habitants.
  • Un plafond de ressources, équivalent aux minima sociaux, est imposé pour les bénéficiaires lors d’un déplacement vers une unité urbaine de plus de 12 000 habitants.
  • La distance autorisée est de maximum 100 km pour un trajet…
Transport solidaire : un conducteur et une passagère avec un masque

En clair, une personne sans voiture mais qui dépasse le plafond de ressources, même légèrement, ne peut légalement pas faire appel au transport solidaire pour, par exemple, aller faire ses courses dans la ville voisine. Et -autre exemple- une personne ne devra pas compter sur le transport solidaire pour un rendez-vous médical dans une agglomération située à 120 km de son domicile… Les associations et acteurs du transport solidaire ont évidemment manifesté leur désapprobation ( notamment aux assises sus-mentionnées) face à cette réglementation très restrictive, et contre-productive sur certains aspects.

Il faut évidemment espérer que les autorités finissent par assouplir le cadre réglementaire, à la fois pour permettre de mieux structurer le transport solidaire, de rassurer les acteurs des transports privés, et d’assurer un service serein et qui ne soit pas entravé par des limites irréalistes et des contraintes administratives dissuasives.

Pour en savoir plus…

En attendant, si vous souhaitez en savoir plus sur le transport solidaire, son rôle, ses acteurs, ou pour échanger tout simplement avec les acteurs qui oeuvrent au quotidien pour son développement, nous vous recommandons de vous rendre sur la plateforme dédiée.

Transport solidaire : un jeune conducteur aide un dame âgée à monter à bord
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