8 gestes simples pour lutter contre le réchauffement climatique

Super Patelin - 8 gestes simples pour lutter contre le réchauffement climatique

Inutile d’y aller par quatre chemins : l’heure est grave, l’urgence est évidente. Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est explicite : si nous ne réduisons pas immédiatement et drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre (Dioxyde de carbone principalement, mais aussi méthane), le réchauffement climatique va s’intensifier et entraîner des dérèglements catastrophiques à l’échelle planétaire. Le rapport du GIEC explique par ailleurs que l’origine humaine du changement climatique est indiscutable, que les émissions de CO2 globales continuent à augmenter, et qu’une hausse globale de 1,5° C de la température semble d’ores et déjà inéluctable à long terme, à moins d’engager des efforts considérables. Et le scénario le plus pessimiste annonce même un réchauffement mondial de 5°C.

Chacun(e) peut agir efficacement !

Certains seront évidemment tentés de minimiser les émissions Françaises, qui représentent 1% des émissions globales de CO2, ou de reporter la faute sur les autres, prétextant que c’est d’abord aux Américains ou au Chinois de faire des efforts. La vérité, c’est qu’un Français émet en moyenne (directement ou indirectement) plus de 10 tonnes de CO2 par an, et qu’il faut diviser ce chiffre par 5 pour éviter un cataclysme lié au réchauffement climatique. Se passer de pailles en plastiques et éviter d’acheter des tomates en hiver ne suffira évidemment pas. Mais pas de panique : il va falloir faire des efforts pour limiter nos émissions de CO2 afin de lutter contre le réchauffement climatique – mais rien d’insurmontable. Et il est avant tout question de se débarrasser de mauvais réflexes liés à des habitudes trop bien ancrées…

Evidemment, pour lutter contre le réchauffement climatique et limiter rapidement et drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, l’action individuelle ne suffira pas, et il faut espérer des mesures fortes, fermes et durables de la part des dirigeants politiques, des entreprises, de l’industrie, du secteur agricole et des transports. Nous ne mentionnerons pas le secteur de l’énergie, car l’électricité est déjà fortement décarbonnée en France grâce au parc de centrales nucléaires. Dans l’Hexagone, d’après RTE il faut compter environ 35 g / eqCO2 par kWh produit, c’est 20 fois moins que la Pologne, par exemple, ou 8 fois moins que l’Allemagne.
Mais vous avez aussi une carte à jouer en tant que citoyen. Voici donc…

8 gestes simples pour réduire ses émissions de CO2 au quotidien

1. Limitez l’usage de la voiture

Avec 30 % du CO2 émis sur le territoire, les transports sont la première source d’émissions de CO2 en France. Et au sein des transports, la voiture individuelle est le plus important contributeur. En réduisant drastiquement votre usage de la voiture au quotidien, vous aurez donc un impact direct et important sur le réchauffement climatique.

Un trajet de 10 km réalisé en voiture pour aller au travail représente en moyenne 1,3 kg de CO2, soit 2,6 kg pour l’aller-retour. Sur une année, si vous allez au travail tous les jours en voiture, seul à bord, vous émettez ainsi près de 600 kg de CO2 ! Si une personne laisse sa voiture au garage pour faire le trajet en covoiturage avec vous (par exemple avec Lane ou Covoit’ici), vous arriverez déjà à diviser chacun vos émissions de CO2 par deux. Mais vous ferez encore mieux en privilégiant les transports en commun (à condition d’avoir une ligne de bus ou un train disponible à proximité…).

Et vos émissions de CO2 liées à vos déplacements tomberont à 0 gramme si vous faites vos trajets à pied ou à vélo. Pensez-y au moins pour les trajets courts du quotidien !

Comme le rappelle l’Insee, “pour des distances inférieures à 5 kilomètres, la voiture représente encore 60 % des déplacements domicile-travail“, et c’est une aberration, d’autant qu’en moyenne, les voitures ne comptent sur ces trajets que 1,1 personne à bord… Par ailleurs, la voiture reste la première cause de pollution en zone urbaine. Or c’est là que les distances parcourues sont les plus courtes et que les citoyens ont à leur disposition de nombreuses alternatives.

2. Mangez moins de viande (voire plus du tout)

L’agriculture est la troisième source d’émissions de CO2 en France, avec 19% du total (derrière le secteur industriel et tertiaire, qui totalise environ 26%), et l’élevage représente à lui seul plus de la moitié de ces émissions de CO2. Et l’élevage bovin représente 85 % des émissions totales de CO2 de l’élevage en France. Chers lait, crème, beurre, fromage et viande… Manger moins de viande et moins de produits d’origine animale, voire plus du tout (à condition de veiller à garder un régime alimentaire équilibré et de veiller aux éventuelles carences), c’est donc une décision qui a un impact efficace et important sur le réchauffement climatique. Un steak en moins, c’est un glacier dont la fonte sera un peu ralentie… Et, outre l’impact sur les émissions de gaz à effet de serre, moins de viande (ou plus du tout) lors des repas, c’est aussi bénéfique au bien-être animal : chaque année, près d’un milliard d’animaux sont abattus en France pour la consommation.

3. Ne prenez plus l’avion

L’aviation est responsable d’environ 3% des émissions mondiales de CO2. Ca peut sembler modeste… sauf que ces 3 % sont le fait d’une frange modeste d’Etats et d’individus. Par passager et par km parcouru, les émissions de CO2 d’un avion de ligne sont proches de celles d’une voiture. Sauf qu’un avion est utilisé pour des trajets bien plus long. Par exemple, si vous faites un aller-retour entre Paris et New York, vous serez responsables de l’émission de plus d’une tonne de CO2 dans l’atmosphère, soit la moitié du “crédit CO2” qu’il ne faudrait idéalement pas dépasser pour se conformer à la Stratégie Nationale Bas-Carbone, et limiter ainsi l’augmentation globales des températures à + 2 °C, soit un scénario qui posera déjà de nombreux soucis…

Le problème est par ailleurs que le trafic aérien est en croissance : les émissions liées au transport aérien international ont augmenté de 25 % pendant les deux dernières décennies. Les progrès technologiques ne permettent donc même pas de limiter la casse – et nous n’avons pas évoqué le sujet de la pollution (chimique et sonore) du secteur aérien, qui demeure un problème complémentaire à celui du réchauffement climatique.

4. Consommez local

Ca tombe sous le sens, mais plus ce que vous achetez et consommez a été produit ou fabriqué loin, plus son bilan environnemental est mauvais. Lorsque c’est possible, privilégiez les artisans et fabricants locaux, ainsi que les producteurs de fruits et légumes de votre région. Et si vous pouvez y aller à vélo plutôt qu’en voiture… Bref, vous avez compris.

Il faut également privilégier les fruits et légumes de saison – il y a peu de chances que les tomates achetées au supermarché en plein hiver aient poussé sur le sol français, ou alors sous serre chauffée, donc avec un bilan CO2 peu favorable… La méthode de production a elle aussi un impact fort sur les émissions de CO2.

Pour limiter les émissions de CO2 via son alimentation, le plus efficace reste de ne plus consommer de viande et de produits d’origine animale, mais le fait de consommer plus local est un levier supplémentaire – sans parler de l’impact favorable sur la pollution et l’économie de votre territoire ! Et si vous avez la chance d’avoir un terrain, n’hésitez pas à vous lancer dans la culture des fruits et légumes – on vous explique même comment faire.

5. Réduisez vos déchets

En France, les émissions de gaz à effet de serre liées à la gestion des déchets représente l’équivalent de près de 30 millions de tonnes de CO2 par an, soit plusieurs centaines de kg de CO2 par Français et par an.
Elles sont constituées par les émissions de méthane lors de la dégradation de ces déchets (stockage, enfouissement, traitement des boues d’épuration…) et par les émissions de CO2 lors de l’incinération de certains déchets. Et aussi, évidemment, par le transport de ces déchets. Moins de déchets, c’est donc moins d’émissions de CO2.

Nous vous invitons donc à jeter le moins possible, et à adopter une démarche zéro déchet, en privilégiant notamment l’achat en vrac pour limiter les emballages, qui finissent immanquablement à la poubelle… Et quand vous générez des déchets, triez : recycler les déchets permet d’éviter 5% des émissions annuelles de CO2.

6. Gardez, réparez et recyclez

L’objet qui émet le moins de CO2, c’est celui qui n’a pas besoin d’être fabriqué (et transporté). Achetez de préférence des produits de bonne qualité, qui durent plus longtemps. Vous pouvez aussi faire de belles économies en achetant d’occasion, c’est désormais facile grâce à internet (Leboncoin, Vinted, Backmarket…), qu’il s’agisse d’un véhicule, d’un téléphone ou de vêtements. Et n’oubliez pas ces conseils de base qui vous permettrons d’économiser… et d’émettre moins de CO2 et de polluants :

  • Votre téléphone est en panne ? Ne le jetez pas, il peut probablement être réparé (par vous-même, dans un repair café ou une boutique spécialisée), et dans le pire des cas il pourra être recyclé. Idem pour un aspirateur ou une TV. Pour rappel, téléphone haut de gamme neuf est responsable de l’équivalent de près de 100 kg d’émissions de CO2
  • Votre pantalon est troué ? Ne le jetez pas non plus : un peu de couture vous pouvez en faire un short, ou le réutiliser comme garnissage pour un coussin. Ajoutez une chemise que vous ne portez plus et voilà la housse du coussin en question !
  • Votre ordinateur vieux de 8 ans rame épouvantablement ? Pas la peine de le remplacer : un peu de mémoire supplémentaire (RAM) et/ou le remplacement du disque dur par SSD lui donneront une seconde jeunesse.

    Et ainsi de suite ! Ce n’est après tout que du bon sens. Ayez le réflexe de ne pas systématiquement jeter ce qui ne vous sert plus, ou ce qui ne marche plus.

7. Consommez moins !

Les centres commerciaux, la publicité qui envahit les médias et l’espace public : la tendance est à la surconsommation et aux achats compulsifs. Pourtant, moins consommer c’est aussi économiser et émettre moins de gaz à effet de serre (et moins de polluants) : raisonnez vos achats et évitez de céder trop souvent à la tentation.

Ca sonne comme une évidence mais posez-vous une question, à chaque fois que vous souhaitez acquérir un nouveau produit ou objet : en ai-je vraiment besoin ? Si vous pouvez attendre plusieurs mois avant de l’acheter, c’est que cet objet n’est pas vraiment vital. Et voilà de belles économies réalisées – pour votre portefeuille et pour l’environnement.

8. Prenez conscience de votre empreinte

Super Patelin - Ademe - Nos gestes climat

Tous les citoyens et toutes les citoyennes en France n’ont pas la même façon de vivre, et certain(e)s d’entre vous ont déjà des habitudes qui permettent de limiter les émissions de gaz à effet de serre (dont le CO2). Et il est bien difficile d’estimer soi-même l’impact de ses gestes et achats quotidiens. Bonne nouvelle : l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a mis en ligne le site “Nos gestes climat” qui permet, facilement et en quelques minutes, d’estimer sa propre empreinte carbone, et d’avoir accès à des ressources pour les faire baisser, et progresser jour après jour sur le sujet.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires vos résultats, ainsi que vos astuces et tutos pour réduire au quotidien les émissions de gaz à effet de serre !

A bientôt sur Super Patelin (et n’oubliez pas d’éteindre votre ordinateur en fin de journée : même en veille, il consomme de l’électricité et émet donc indirectement du CO2 😋)

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